Coprograncanal

Un site d’information documentaire sur l’histoire, les situations particulières et la gestion actuelle de la résidence.


Revente d’électricité

Grancanal et la fée Electricité

Grancanal s’est toujours inscrite dans le progrès. Et l’énergie du progrès, dans les années 1970, c’est l’électricité. Rien de bien bien surprenant donc que la résidence soit tout électrique.

Entièrement électrique : par le règlement de copropriété, il est convenu avec EdF qu’elle achètera son courant au tarif de l’industrie, en haute tension, et qu’il sera transformé dans la résidence pour être distribué aux divers usages : tout d’abord l’électricité domestique de chaque résident pour son chauffage, son éclairage, etc., puis l’électricité consommée dans les ballons d’eau chaude qui réchauffent l’eau fournie par la ville de Paris pour les bains et douches de mesdames et messieurs les résidents, et enfin l’électricité des parties communes : éclairage des halls, escaliers et sous-sols, alimentation des équipements comme les ascenseurs, etc.

Trois usages, trois consommations différentes, pour une seule facture. Le règlement de copropriété prévoit un barème pour sa répartition : il apparaît d’autant plus complexe que les dernières tranches de la résidence construites après l’interruption des travaux décidée en 1976 par le juge, ne participent plus à ce mécanisme que pour les parties communes et l’eau chaude. Les résidents de la deuxième heure disposent d’un compteur EdF et gèrent directement leur abonnement domestique.

Après tant d’années d’idylle elle lui fit un cadeau : en 2019 la résidence ne consomma plus d’électricité mais elle en produisit, pour exactement 25 130,24 € : le montant négatif inscrit pour les dépenses communes d’électricité. Un cadeau modeste au regard des millions dépensés depuis plus de 40 ans, mais réel cependant pour les résidents ne consommant pas d’eau chaude. Comme par un renversement de la physique, les photons des ampoules semblaient avoir produit des électrons au bénéfice direct des copropriétaires de parkings et de caves.

À moins, hypothèse qu’émirent quelques copropriétaires sceptiques, que ce ne fut le résultat d’une erreur grossière dans la répartition de l’électricité domestique et de celle utilisée pour l’eau chaude, l’électricité justement qui leur était facturée en tant que résidents.