La SCI Jemmapes – République
Avec neuf bâtiments et plus de 1 500 lots la copropriété à Grancanal peut être une machine complexe. Et parmi les plus de six cents copropriétaires, même si nombre d’entre eux sont là depuis l’origine, il y a toujours des mouvements et des démarches.
La copropriétaire ingénue
Mais l’affaire la plus curieuse est sans conteste celle de la copropriétaire ingénue. Pendant 20 ans au moins cette discrète copropriétaire a été une des plus fortes contributrices au budget de Grancanal. Jusqu’à ce que, ayant cédé nombre de ses lots, elle décide de ne plus honorer que partiellement ses appels de charges, et de laisser dériver son compte dans le rouge. Sans d’ailleurs que le syndic, une bonne pâte, semble s’en émouvoir.
En 2019 elle fournit l’explication de son comportement : elle n’avait jamais été propriétaire de deux des lots – une des rares terrasses de la résidence et un ensemble de caves – dont, depuis 1994, il lui était demandé d’acquitter les charges. En conséquence elle demandait le remboursement, avec les intérêts légaux, des sommes qu’elle avait depuis 25 ans versées, par inadvertance en quelque sorte. Modestement elle ne précisait pas les montants en cause, qui ne devaient guère dépasser les 25 000 euros.
Une belle histoire, comme on les aime à Grancanal.
Mais à l’assemblée générale durant laquelle sa demande de remboursement de 25 années de charges devait être examinée, elle signait ingénument la feuille de présence en tant que propriétaire des lots, qu’elle n’avait jamais acquis , et utilisait les droits de vote associés pour voter pour que la copropriété lui en rembourse les charges.
Deux copropriétaires ayant soulevé auprès du tribunal la difficulté que posait l’incohérence de sa démarche, la copropriétaire ingénue réduisit alors drastiquement ses prétentions pour ne plus solliciter que l’exonération des cinq dernières années de charges, qu’elle n’avait d’ailleurs pas versées. Encore et toujours bien sûr parce qu’elle n’avait jamais été propriétaire de ces lots. En oubliant ingénument qu’un an – et pas cinq ans – auparavant, elle participait à l’assemblée générale en tant que propriétaire de ces lots.
En fait les deux lots rejetés s’étaient enfin trouvé un « nouveau » propriétaire : une revenante, la société civile de promotion créée en 1968 pour construire puis vendre la résidence et que tous à Grancanal pensaient disparue depuis bien longtemps.
